The Creed ArchiveThe Creed Archive
Back to Theravāda
MissionnaireSri Lankan traditionMauryan Empire / Sri Lanka (tradition links both)

Mahinda (Arahant Mahinda)

-3 - Present

Arahant Mahinda occupe une place fondamentale dans le récit auto-narratif du Theravāda en tant que missionnaire traditionnellement crédité d'avoir introduit le bouddhisme au Sri Lanka au IIIe siècle avant notre ère. Selon la chronique sri-lankaise Mahāvamsa, Mahinda a été envoyé dans le cadre d'une initiative missionnaire associée à l'empereur Aśoka de l'Empire Maurya (règne vers 268–232 av. J.-C.) et a rencontré le roi Devanampiya Tissa à Anuradhapura. Cette rencontre, telle que narrée dans le Mahāvamsa, a conduit à un patronage royal, à la fondation d'établissements monastiques et à l'ancrage formel de la tradition textuelle pāli dans la politique insulaire.

La figure de Mahinda fonctionne pour le Theravāda à la fois comme acteur historique et comme ancêtre symbolique d'une lignée monastique spécifiquement cinghalaise. Pour les adhérents, sa mission établit un lien institutionnel continu entre le saṅgha bouddhiste primitif et la communauté monastique sri-lankaise qui a préservé et propagé le Canon pāli. Les vestiges archéologiques à Anuradhapura et les preuves inscriptionnelles du patronage bouddhiste dans l'ancien Sri Lanka corroborent l'existence d'une présence bouddhiste précoce et influente sur l'île, même si les chercheurs débattent des spécificités de la datation et de la nature précise des réseaux missionnaires au IIIe siècle avant notre ère.

Dans l'imaginaire dévotionnel, Mahinda est parfois dépeint comme une figure noble et ascétique dont l'enseignement a convaincu le roi et la cour. Les lignées monastiques au Sri Lanka retracent leurs généalogies d'ordination et leur garde des textes jusqu'à cette période formative. Historiquement, la consolidation du Theravāda au Sri Lanka a impliqué non seulement l'établissement de monastères mais aussi la composition de chroniques et de commentaires — des œuvres qui narrent la mission de Mahinda comme un événement fondamental.

Les perspectives académiques considèrent le récit de Mahinda comme un lieu crucial pour enquêter sur la manière dont les communautés monastiques utilisent les histoires fondatrices pour légitimer l'autorité textuelle et institutionnelle. L'accent mis sur une seule mission fondatrice fournit un point de continuité clair pour les institutions bouddhistes de l'île, même si la recherche historique met en lumière une image plus complexe de multiples contacts, d'adaptations locales et d'une transmission textuelle progressive. Néanmoins, le rôle de Mahinda dans l'historiographie du Theravāda est indiscutable : il demeure le missionnaire emblématique qui ancre les racines sri-lankaises de la tradition.

L'héritage de Mahinda s'étend dans la vie religieuse contemporaine. Son récit est évoqué dans la liturgie, dans la nomination de temples et d'institutions (par exemple, dans des collèges monastiques et des sociétés qui portent son nom), et dans des commémorations publiques qui soulignent l'antiquité et la légitimité du patrimoine Theravāda du Sri Lanka. Que l'on considère son histoire comme une histoire littérale ou comme un mythe fondateur, le récit de Mahinda continue de façonner l'identité communautaire, les revendications institutionnelles et l'échafaudage rhétorique de la continuité du Theravāda.

Creeds